La prisonnière

Plaignez la pauvre prisonnière
Au fond de son cachot maudit !
Sans feu , sans coussin , sans lumière…
Ah ! maman me l avait dit !

Il fallait aller chez grand -mère
Sans m ‘ amuser au bois joli ,
Sans parler comme une commère
Avec l ‘ inconnu trop poli .

Ma promenade buissonnière
Ne m ‘ a pas réussi à tout :
Maintenant je suis prisonnière
Dans le grand ventre noir du loup ,

Je suis seul , sans allumettes ,
Chaperon rouge bien puni :
Je n ‘ ai plus qu ‘ un bout de galette ,
Et mon pot de beurre et fini !

Jacques Charpentreau

Léa

Le vent de d’automne

Ah!ce grand vent l’entends – tu pas ?
L’entends – tu pas heurter la porte ?
A plein cabas il nous apportes
Les marrons fous, les feuilles mortes.
Ah!ce grand vent l’entends – tu pas
Ah!ce grand vent l’entends – tu pas
L’entends – tu pas à la fenetre ?
Par la moin drefente il pénètre
Et s’enfle et crache comme un chat
Ah!ce grand vent l’entends – tu pas ?
J’entends les cris des laboureurs
La terre se fend se soulève.
Je vois deja le grain qui meurt
Je vois deja le blé qui leve.
Voici le temps des laboureurs

Pirre Menanteau de THEO

LE P’TIT PRINTEMPS

Le p’tit printemps
tout vert,tout vert,
remplace l’hiver
tout blanc,tout blanc

c’est un moineau
tout gris,tout gris,
qui me l’a dit,
oui me l’a dit

quand l’hiver fond
v’la le gazon,
j’n’ai plus besoin d’mes mitaines
youpi!

pas de glaçon
sous le balcon,
le froid qui pique est parti
youpi!youpi!youpi!youpi!

C’est le printemps.

Le bonhomme de neige de Tristan

Au nord de la Norvège
Vit un bonhomme de neige.
Il n’a pas peur de fondre,
Là-bas la neige tombe
Pendant de très long mois,
Il y fait toujours froid.
Et le bonhomme de neige,
Bien assis sur son siège,
Regarde les flocons
Voler en tourbillons.
Sais-tu ce que j’en pense ?
Il a bien de la chance.
Pour un bonhomme de neige
D’habiter la Norvège.

Corinne Albaut

La neige

Blanche neige
Gros flocons
Chauds manteaux
Et gros pompons!
Dans la neige
Il fait bon
Cout est beau
Et tout est rond
Les clochers
Les maisons
Ont des glacons
Sur le font
Les traineaux
Les chapeaux
Ont de la glace
Au menton
Il fait froid
Gla gla gla
Couvertures et feu de bois
Il fait chaud
Chocolat
La neige fontd
Et ca sent bon!

Sophie Arnauld

Fable Jimmy-Lee

En arroi de dentelle,
La très noble Isabelle
Traversait la forêt.
Un loup maigre paraît
Qui se jette sur elle.

Malheureux, arrêtez !
Lui enjoint Isabelle,
Je suis princesse et belle.
Les plus grands chevaliers
Se courbent à mes pieds

Vous me contez merveille
Dit le loup ébranlé
Comment , vous ignorez
Que le loup affamé
N’a jamais eu d’oreilles ?

Que si, vous en avez,
Beau sire, et pas vilaine !
Et moi de par la reine,
Et Jean de la Fontaine,
Je vous fait chevalier.

Pauvre loup ! il la croît !
A la sortie du bois,
On le met en quartier.
Aimer fille du roi !…
Mieux valait la manger.

Maurice Carême.

tout est lumière tout est jolie
l araignée au pied diligent
attache aux tulipe de soie
les rondes dentelle d argent.
la frissonente libelule
mire les globe de ses yeux
dans l etang slpendide ou pullule
tout un monde mysterieux
la rose semble rajeunie
s accoupler au bouton vermei
l oiseaux chante pleins d armonie
dans les rameaux pleins de soleil
sous les bois ou tout bruit s emousse
le faon craintife joue revant
dans les vert ecrins de la mousse
luit le scarabee or vivant
la lune au jour est tiede et pale
comme un joyeux convalescent
cendre elle ouvre ses yeux d opale
d ou la douceur du ciel descent
tout vit et se pose avec grace
le rayon sur le seuil ouvert
l ombre qui fuit sur le coteau vert
la plaine brille heureuse et pure
le bois jase herbe fleurit
homme ne crains rien la nature
sait le grand secret et sourit

victor hogo (marine)

La Belle au bois dormait Albane Pied

La Belle au bois dormait.Cendrillon sommeillait.
Madame Barbe-bleu?elle attendait ses frères;
Et le petit Poucet, loin de l’ogre si laid,
Se reposait sur l’herbe en chantant des prières.

L’oiseau couleur-du-temps planait dans l’air léger
Qui caresse la feuille au sommet des bocages
Très nombreux,tout petits,et rêvant d’ombrager
Semaille,fenaison,et les autres ouvrages.

Les fleurs des champs,les fleurs innombrables des champs,
Plus belle qu’un jardin où l’homme a mis ses tailles,
Ses coupes et son goût à lui,-les fleurs des gens!
Flottaient comme un tissu très fin dans l’or des pailles,

Et,fleuront simple,ôtaient au vent sa crudité,
Au vent fort,mais alors atténué,de l’heure
Où l’après-midi va mourir.Et la bonté
Du paysage au coeur disait:Meurs ou demeure!

Les blés encore verts,les seigles déjà blonds
Accueillaient l’hirondelle en leur flot pacifique
Un tas de voix,d’oiseaux criait vers les sillons
Si doucement qu’il ne faut pas d’autre musique…

Peau d’ane rentre .On bat la retraite- écoutez!
Dans les états voisins de Riquet-à-la-houpe,
Et nous joignons l’auberge,enchantés,esquintés,
Le bon coin où se coupe et se trempe la soupe!

Paul Verlaine

Voici que la saison

Voici que la saison décline
L’ombre grandit l’azurdécroit
Le vent fraichit sur la colline
L’oiseau décline l’herbe a froid

Aout contre septembre lutte
L’océan n’a plus d’alcyon
Chaque jour perd une minute
Chaque aurore pleur un rayon
La mouche comme prise au piège
Est immobile à mon plafond
Et comme un blanc flocon de neige
Petit a petit l’été fond

Victore Hugo

Louis